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Sarötla vous reçoit dans son antre.
On dit que je suis né mal lèché.
On dit aussi que je me suis bien rattrapé depuis.
On dit bien des choses. On peut aussi les écrire.
Merci de votre passage!
Sarötla vous accueille dans ses montagnes.L'univers est ma cour, la Terre ma maison! July 05 L'image devient trouble Un soir d'été son regard baigne dans le miroir du lac à la recherche du vrai.
Les dernières lueurs du jour s' appuyent sur cette surface d'un jade pâle comme pour se survivre.
Une légère brise provoque l'ondulation et l'image devient trouble.
Cette image d'elle, déjà floue, fuyante.
La nuit venue la rosée fraîchit, et la place est laissée au silence naturel.
L'homme se reprend, se lève, et, tournant le dos à cet écrin de mémoire, lui promet de revenir Demain.
Sarötla
July 03 Les pages écrites secrètement. J'aime ma maison. J'ai laissé un moment la porte ouverte. Il faisait beau temps. J'y recevais le vent, les parfums et quelques sons du voisinage. Entrait qui voulait. Toujours du café chaud sur le coin du fourneau à bois pour le visiteur. Pas de préférence, tout dans la mansuétude, l'intelligence et l'humanité.
Voilà que, brutalement, après plus d'un lustre, la tempête s'est mise à s'engouffrer dans la demeure visitant une à une les pièces de séjour, allant jusqu'à violer les parties les plus intimes, claquant les portes, jetant ici, pêle-mêle, quelques bibelots à terre, là faisant voler des pages écrites secrètement.
Le tout provoquant un tohu-bohu indescriptible.
J'ai décidé, alors que dans ma nature il n'est question que de confiance et tolérance, de fermer cette porte. Ainsi je protège ma maison. J'y recevrai dorénavant le visiteur quand il toquera fortement contre la lourde porte de frêne exposée aux intempéries et après avoir, par le fenestron voisin, identifié sa venue.
Je ferme la maison un moment le temps de me remettre de cet évènement, ranger et balayer.
Après, j'irai faire un tour dans ma forêt pour lui confier mes ressentiments...
Sarötla
July 01 Renaître de son iode. Tapi en lisière du bois, il se retourne. Son coeur palpite. Il prend conscience de son effroi et se demande encore comment il a pu s'arracher à la paralysie qui l'envahissait tenacement. Dans la suée, tremblant comme la bête pourchassée, il se remet lentement de ses émotions. La vigilance s'estompe et il se surprend à examiner le chemin parcouru. Assis plus sereinement dans ce recul profond, il prend la mesure de l'évènement, évalue le risque couru, la menace, quand, à ce moment précis, il lui vient une vague d'émotions. Elle contient une masse de sentiments qu'il ne se savait pas encore autorisé à faire valoir.
Il passe à l'inventaire des mots et reprend instinctivement le fil de l'histoire. Quelle histoire! Une de celles, rare, qui trouble. Une de celles, pas banale, qui procure l'interrogation. Une de celles, virtuelle mais intense, qui provoque une ondée surprenante d'inexplicables. Une, unique, ravageusement volontaire et furieusement décidée à fixer l'évènement, celui qui te prend au tripes, celui qui te happe, qui t'aspire, qui t'englouti corps et âme, celui que tu craignais tant mais qui te vient sûrement en ami, en amour. Ce type d'évènement qui ne faisait pas partie de ton environnement, qui déteind, qui éblouit jusqu'à l'aveuglement.
Comme l'Animal qui prend progressivement confiance en l'Homme, qui se laisse "approcher", qui examine les effluves, les interprête et les ingère, il se met à s'ouvrir. Et là, ce n'est plus une vague, ni un torrent, ni une marée, mais un océan nouveau qui vient à lui, l'immerger, l'engloutir dans le plaisir, le faire renaître de son iode et le jeter sur la plage bénie, là où les menaces se perdent, où les tempêtes s'oublient, là où le ressac t'emporte au large vers de nouveaux horizons en toute confiance.
Sarötla
June 29 Courez! S'il vous arrive de ressentir une pression, quelque chose qui vous pousse là où rien ne vous y attendait;
s'il vous arrive comme une connexion, agréable au demeurant, mais que vous devinez être régie par un programme de formatage;
si vous ressentez une attente trop exigeante de nature à vous solliciter la rigueur, une voie étroite, une dictée de conduite;
si votre sentiment se noue et si votre lattitude est en passe de s'amenuiser; si par trop d'amour votre amour doit s'étouffer, se réduire, se limiter, se contenir, obéïr,
alors prenez vos jambes à votre cou, un chemin de traverse, longer un mur, plonger vous dans la pénombre, fuyez, courez, éloignez vous, perdez-vous dans la distance, mais surtout ne vous arrêtez pas.
Ainsi vous retrouverez celle que vous chérissez tant, votre amante première, la Liberté.
Celle-là même qui vous permet de vous réaliser pleinement, sereinement, qui vous laisse au gré des vents lancer les voiles et naviguer vers vos horizons.
Sarötla June 20 Forces irresistibles. Il est des forces irresistibles, de celles qui vous poussent vers l'inconnu, qui vous réduisent jusqu'à vous posséder.
Il est des sentiments qui vous animent, de ceux qui vous permettent l'expression, qui vous libèrent jusqu'à la confidence.
Il est des matins qui s'ouvrent à vous, de ceux qui vous font vous baigner dans la lumière du renouveau.
Il est des êtres qui vous rencontrent, de ceux qui vous permettent le partage, qui vous écoutent.
Il en est d'autres qui vous parlent, qui se confient, de ceux qui demandent attentions.
Je sais maintenant qu'il existent des lois naturelles qui animent les sentiments, qui nous soumettent à leurs bons vouloir, qui font de ces matins gris des portes ouvertes sur la douceur exquise, qui lient les êtres en de si brefs chants d'amour, comme ceux de l'oiseau libre virevoltant dans les vents de la tendresse.
Je sais maintenant que l'ombre du chagrin est déjà morte quand la nuit se lève, quand les coeurs s'éveillent et que les corps frémissent à l'unisson.
Je croyais connaître le monde. Je croyais connaître mes semblables.
Je croyais savoir!
Sarötla
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